Co-Hébergement : la taxe de séjour arrive !

Cohébergement 3collaboractifs

Voilà bien des mois que l’hébergement collaboratif provoque la colère des groupements hôteliers. Si outre-atlantique, Airbnb a récemment enflammé le débat dans sa ville d’origine, San Francisco, la France connaît également son lot de perturbations. Les différentes plateformes que nous vous avions déjà présentées, seront bientôt logées à la même enseigne que les autres hébergements plus traditionnels.

Vendredi, rien ne sera plus permis ?

Un amendement au projet de loi « finances 2015 » sera déposé ce vendredi et discuté à l’assemblée nationale la semaine prochaine a annoncé Laurent Fabius. Cet amendement portera sur l’instauration d’une taxe de séjour pour tous les hébergements dits de « tourisme ». Les entreprises de l’économie collaborative visées par les lobbys hôteliers depuis un certain temps deviendront ainsi des collecteurs de taxe pour le gouvernement et seront chargés de les reverser à l’Etat.

Les montants qui ont pour l’instant été évoqués se situent au niveau de 0,75 € par jour et par personne pour les hôtels et assimilés « non classés » (et donc les hébergements collaboratifs), 1,50 € pour les hôtels***, 2,25 pour les 4 étoiles, 3 € pour les 5 étoiles voire même 4 € pour les palaces.

Un premier pas qui nécessitera rapidement un second

Clairement, si l’amendement est accepté tel quel, il ne fera qu’apaiser les tensions pour quelques temps sans réellement changer la donne. Payer une taxe de 0,75 € par jour et par personne pour les plateformes collaboratives reste quelque chose de très largement mesuré, même si au cumul cela peut représenter des sommes importantes.

La démarche est multiple de la part du gouvernement et, disons, que dans un premier temps elle arrange tout le monde. Elle permet d’une part de contenter les différents acteurs impliqués : les hôtels se sentent considérés dans leur démarche et les plateformes collaboratives prêtes à consentir un effort qui ne les handicapera pas dans leur développement à court terme. D’autre part c’est une solution idéale pour l’Etat qui vise surtout une rentrée de 300 millions d’euros au niveau des collectivités locales.

Dans l’ombre de cette négociation se tapit surtout la problématique que rencontre la ville de San Francisco avec Airbnb : la transformation des appartements urbains en parcs hôteliers à plein temps pour les groupes immobiliers visant des rentrées d’argent importantes à court terme, en sortant par conséquent du système législatif en place. Cette option devrait inquiéter l’Etat qui aujourd’hui peut plus se reposer sur les taxes des hôtels que celles des plateformes de co-hébergement.

Ce n’est donc pas un accord de paix qui est préparé, c’est une trêve, et comme toutes les trêves : on ne sait pas combien de temps cela va durer !

Fabien Clouet   /   @FabienClouet

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