Nextdoor, le réseau social entre voisins qui ne fait pas de quartier !

nextdoor - social media

Fondée en 2010 à San Francisco, et testée dans un peu plus de 150 quartiers américains courant 2011, le réseau social privé Nextdoor est en train de devenir le nouvel outil digital tendance aux Etats-Unis. En effet, ce ne sont pas moins de 40 000 quartiers à travers le pays qui ont créé leur propre communauté et qui profitent des services que propose la plateforme.

Dynamiser la vie de quartier

Nextdoor, c’est ni plus ni moins qu’une application où l’on poste des messages… mais qui ne sont visibles que par ses propres voisins ! A la fois réseau social et plateforme collaborative, Nextdoor a été créé pour favoriser les interactions entre les habitants d’un même quartier en y associant des valeurs d’entraide, de partage et de fraternité notamment. Alors que les relations entre voisins deviennent de plus en plus rares, surtout dans les villes modernes où le web prend une place considérable dans les échanges entre individus, l’application Nextdoor propose justement de profiter de la digitalisation pour recréer de vrais liens physiques via des possibilités d’actions nombreuses : demander un outil de jardin, trouver un baby-sitter pour une soirée, faire surveiller sa maison pendant ses vacances, ou encore indiquer les événements à venir dans le quartier. La consommation collaborative et l’esprit d’entraide semble être la base souhaitée par Nextdoor pour que de réelles communautés de voisinage puissent petit à petit voir le jour.

La confiance avant tout

Comme dans beaucoup de plateformes collaboratives, la confiance est un des facteurs clés de succès les plus importants. En effet, il est primordial de connaître un minimum ses voisins et de savoir à qui l’on s’adresse avant de demander un service à la communauté. Pour aider à installer ce climat de confiance, Nextdoor s’appuie sur des conditions d’accès à l’application hautement sécurisées. Le créateur d’un « quartier communautaire » doit ainsi définir les contours exacts du réseau de voisinage et l’ensemble des futurs membres doivent ensuite certifier leur adresse postale en communiquant un numéro de téléphone fixe, un numéro de carte d’identité ou encore un numéro de sécurité sociale. Tout est donc fait pour qu’aucun intrus ne puisse s’introduire dans ces réseaux de voisinages 2.0.

Nextdoor - sécurité - adresse

Un business model en construction

La viralité du phénomène s’est accélérée ces derniers mois propulsant Nextdoor sur le devant de la scène. Grâce à un nombre déjà élevés de membres actifs, la société a déjà pu lever pas moins de 100 millions de dollars de fonds depuis sa création et se tourne désormais vers une recherche d’un business model intéressant. Ainsi, on pourrait voir apparaitre des commissions sur des transactions réalisées via la plateforme, comme cela se fait dans la plupart des sites d’économie collaborative, ou encore des partenariats avec des acteurs locaux qui pourraient profiter des communautés créées pour élaborer des campagnes de communication ciblées, impactantes, et donc également plus rentables. Reste désormais à savoir si l’ouverture d’esprit des Américains n’est pas trop large pour nous, Français, car ce réseau social de proximité est une vraie bonne idée et il serait dommage de devoir s’en priver.


Rafaël De Oliveira / @Raf_dragaozito

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Trampolinn, le partage de logements en mode réseau social !

Trampolinn_hébergement_collaboratif

L’hébergement, avec le covoiturage ou l’alimentation, est un des domaines les plus souvent associés à l’économie collaborative. De nombreuses plateformes sont ainsi présentes sur la toile et permettent à des particuliers d’échanger et/ou proposer leurs maisons, appartements ou même simples chambres dans le but de voyager à moindres coûts et/ou faire du profit. Parmi ces plateformes, on a déjà eu l’occasion de vous présenter dans notre blog une sélection des acteurs les plus influents de la sphère de l’hébergement collaboratif, avec leurs spécificités respectives. Mais alors que la grande majorité d’entre eux ont mis en place un mode de transactions payantes (il y a un échange d’argent entre le propriétaire et le locataire), une petite start-up francilienne vient de faire son apparition en proposant échange sous forme de points. Présentation.

Trampolinn, pour sauter de logements en logements

Lancée en mars 2014 par deux jeunes entrepreneurs, Hugo Allary, voyageur expérimenté et Sébastien Claeys, développeur web, la plateforme Trampolinn (qui fait référence aux mots anglais Tramp et Inn qui signifient respectivement Vagabond et Auberge) est basée sur le partage d’hébergement entre particuliers. Mais, contrairement à d’autres sites du même créneau, Trampolinn ne comporte pas la contrainte de la réciprocité des acteurs, c’est-à-dire qu’un membre qui recherche un endroit pour se loger n’est pas forcé d’échanger son propre logement en retour. L’inscription étant gratuite, il n’y a pas à s’abonner pour pouvoir bénéficier des services proposés par la plateforme, ne posant ainsi aucune contrainte réfractaire à son utilisation.

De nombreux points de différenciation

Mais là où les porteurs du projet ont voulu se différencier par rapports aux très nombreux concurrents déjà présents, c’est qu’ils souhaitent y intégrer une forte notion sociale. En effet, aujourd’hui, la plupart des plateformes permettent le partage ou l’échange mais bien souvent cela se fait de façon digitale et cadrée sur le site et il n’y a finalement pas plus d’interactions que ça entre les membres. Pour rapprocher ses utilisateurs, Trampolinn met en place des fonctionnalités en lien avec les réseaux sociaux, comme Facebook, afin de permettre des échanges plus intimes qui instaurent un certain climat de confiance au moment de la négociation. Ou devrais-je plutôt au moment de la discussion car, et c’est peut-être là l’élément de différenciation le plus important, aucune négociation tarifaire n’est possible sur le site. En effet, le propriétaire du bien ne reçoit aucune contrepartie financière lorsqu’il le propose aux autres membres : les transactions se font sous forme de points échangés entre le voyageur et l’hébergeur qui sont utilisables uniquement sur le site Trampolinn.

L’échange de points au cœur du réseau social

Les annonces postées sur la plateforme sont évaluées par Trampolinn qui attribue un nombre de points à l’offre en fonction des caractéristiques de l’hébergement en question. Pour pouvoir commencer à voyager, les membres reçoivent dès leur inscription un capital de 100 points permettant d’avoir accès aux premières offres. Ensuite, pour faire grandir ce total et donc profiter pleinement de l’ensemble des annonces, il suffit de partager à son tour son appartement ou sa maison. Le fonctionnement parait tout bête mais l’idée est subtile et bien trouvée puisque cela incite d’une manière ou d’une autre les utilisateurs à se positionner dans les deux versants de l’échange (les avares de voyages doivent proposer leur bien pour gagner des points pendant que les habituels loueurs de logement ne peuvent utiliser leurs points qu’en voyageant à leur tour). L’intérêt de ce système réside dans la création d’une communauté basée notamment sur le sentiment de confiance qui peut résider entre les membres au fil du temps et des échanges. Les voyages peuvent se faire partout dans le monde puisque la plateforme, pourtant très jeune, est déjà disponible en 3 langues (le développement de 4 langues supplémentaires seraient en cours !).

Enfin, Trampolinn permet de gagner des points en invitant ses propres amis à rejoindre la plateforme, sous la forme d’une sorte de parrainage. Une façon de renforcer encore plus cette idée de création d’un véritable réseau social collaboratif …

Rafaël De Oliveira

 

Le hashtag (#), un petit symbole au grand pouvoir de communication ?

Hashtags

Le hashtag (#), c’est ce petit symbole qui permet aux utilisateurs de Twitter de donner du contexte supplémentaire à leur message pour contrer le nombre de caractères restreints (140 maximum) que le réseau social impose. Ce marqueur possède un intérêt certain pour ses utilisateurs : il permet de transformer le message ou la discussion en un hyperlien, cliquable, où sont centralisés l’ensemble des autres hashtags identiques. Il est donc un moyen rapide de créer des espaces communautaires autour d’un sujet de conversation. Fort de son succès sur Twitter, le phénomène hashtag prend aujourd’hui de l’ampleur puisqu’il est désormais utilisé dans la plupart des autres réseaux sociaux, qui y voient une source de développement bien plus qu’intéressante au sein de leur plateforme. Ainsi, Instagram, Google+, Pinterest et même Facebook ont tous pris le virage du petit symbole dièse.

La création de communautés est un des facteurs clés qui incitent les utilisateurs de ces réseaux sociaux à utiliser le hashtag dans la majorité de leurs publications. Alors, surfant sur cette success-story, plusieurs acteurs, dont les marques, ont compris la puissance et l’engagement que peut engendrer son utilisation et intègrent le hashtag dans leurs campagnes de communication.

Le hashtag, un slogan interactif pour créer sa communauté

Les marques utilisent de plus en plus les hashtags pour renforcer le branding, promouvoir leurs campagnes ou améliorer leur visibilité sur le web. L’intérêt de cette intégration dans leurs différentes publications réside dans le fait que le hashtag permet de centraliser tout ce qui peut se dire autour de la marque sur les réseaux sociaux et donc d’avoir un outil d’analyse (et de modération également) sur la notoriété et l’e-réputation que peut posséder la marque.

Nike#RiskEverything

Pour prendre un exemple récent, on peut parler de l’équipementier sportif Nike. En effet, pour fêter ses 20 ans dans le football, la marque a lancé une campagne publicitaire articulée autour du slogan #RiskEverything. Plus qu’un slogan classique, comme cela se faisait avant, l’utilisation d’un hashtag rend interactive l’opération marketing. Nike propose ainsi à ses fans de se rallier à sa campagne en les invitant (et presque incitant) à utiliser le hashtag à chaque fois qu’ils veulent parler de la marque. Une communauté se crée alors autour du slogan et donc de la marque, venant renforcer le lien qui existe entre elle et ses fans et/ou consommateurs.

On peut citer également l’exemple de KitKat qui a mis en scène son slogan en l’adaptant au format hashtag pour créer le fameux #HaveABreak.

Twitter-KitKat-HaveABreak

Le hashtag comme message de sensibilisation

En plus du fait d’être un nouveau moyen de communication pour les marques, le hashtag est en train de devenir un outil intéressant pour mener une campagne de sensibilisation et fédérer un grand nombre de personnes autour de problématiques qui peuvent entourer le monde actuel. En effet, un message mis sous la forme d’un hashtag, s’il est bien utilisé et mis en avant, notamment lorsqu’il est relayé par des célébrités, peut devenir un véritable slogan de lutte ou de protestation. L’avantage de l’intégrer sous cette forme réside dans sa possibilité à être vu, relayé, partagé et commenté par un nombre incalculable de personnes et donc de pouvoir en faire un buzz. Grâce à la viralité des réseaux sociaux, le message peut alors constituer une sorte de pétition gigantesque où un partage peut être perçu comme une signature.

 #bringbackourgirls-michelle-obama-nigéria

Il y a quelques semaines, l’un des exemples les plus frappants nous est venu de Michelle Obama. Pour protester contre les violences terribles qui s’abattent sur les jeunes filles nigérianes, la femme du président américain s’est prise en photo avec un tableau sur lequel elle fait figurer un message sous forme d’un hashtag : #BringBackOurGirls (Rendez-nous nos filles). Re-tweeté plus de 50 000 fois, la photo a fait le tour du monde et de nombreuses personnalités se sont mises en scène de la même manière pour montrer leur soutien. Le buzz est si important que les différentes instances mondiales se penchent activement sur le sujet, devenu une des préoccupations premières du moment.

Le hashtag est en train d’entrer petit à petit dans les mœurs et devient une arme pour beaucoup d’acteurs. Sa puissance d’utilisation n’a pas encore été poussée à son maximum, il n’a sans doute pas fini de nous surprendre. Alors, petit symbole deviendra grand ?

Rafaël De Oliveira

Airbnb à la conquête de l’appareil législatif mondial

Vous connaissez très probablement la plateforme de consommation collaborative Airbnb (bnb -> bed and breakfast) qui propose aux particuliers de louer leurs appartements entre eux à travers le monde. La start-up américaine basée à San Francisco a vu le jour en 2008 grâce à 2 étudiants Brian Chesky et Joe Gebbia qui se demandaient comment ils allaient payer leur loyer dans un moment de difficulté financière. La solution, ils l’ont trouvée en louant leur canapé !

Depuis, la société s’est développée de façon phénoménale à travers le monde. Si l’on regarde juste la France, on recense plus d’1 million d’utilisations depuis le lancement de la plateforme. Une façon de voyager et de se loger qui rompt avec les habitudes de ces dernières années et qui se positionne pleinement dans l’esprit de l’économie collaborative.

airbnb

La société : une arme contre les lois pour Airbnb ?

L’économie collaborative change beaucoup de choses dans la société, elle change surtout la donne en redistribuant les cartes. Car Airbnb ne se fait pas que des amis en se développant de cette façon. Les hôtels et autres groupements de professionnels du logement se sont plusieurs fois opposés à la start-up de la Silicon-Valley qui outrepasse les lois des différents Etats en ne payant ni impôts ni taxes sur les logements, lui permettant de proposer des prix défiant toute concurrence.

La donne paraît donc simple, en vue de protéger son économie, chaque Etat pourrait légifèrer et imposer ses conditions à Airbnb et aux autres entreprises de consommation collaborative. Ainsi les entreprises en place conserveraient leurs statuts et les Etats continueraient à percevoir leurs taxes. Simple… c’est donc le mot qui ne convient pas du tout à la situation, car si les instances publiques se doivent de protéger les entreprises, elles ont aussi un devoir vis-à-vis de la population : leurs électeurs ! Si les politiques des différents pays se positionnent en porte-à-faux du mouvement de l’économie collaborative porté par la société même, ils se condamnent eux-mêmes pour l’avenir.

Le pouvoir du compromis : une taxe à 14%

Cette délicatesse, Airbnb l’a bien comprise. Mais foncer en pensant que l’on peut passer au dessus des lois paraîtrait quelque peu optimiste. Airbnb a donc proposé à la ville de San Francisco de s’acquitter de taxes afin d’être en règle vis-à-vis de la loi. L’entreprise va mettre en place d’ici l’été une taxe de 14% sur chaque location, elle diminuera les rentrées d’argent pour les loueurs, mais devrait permettre aux pouvoirs publics américains de récolter près de 250 000 dollars en 2014.

L’objectif final de cette demande est de faire légiférer l’ensemble des Etats-Unis qui pourraient récolter au total jusqu’à 21 millions de dollars par an. Et Airbnb s’en donne les moyens, puisque l’entreprise vient tout récemment de réaliser une nouvelle levée de fonds de 450 millions de dollars, la faisant entrer dans le club fermé des start-up valorisées 10 milliards de dollars, derrière Facebook, Google, Twitter ou autre LinkedIn…

Plutôt jeune sur le marché de l’hébergement, Airbnb n’en est pas moins ambitieux et aspire à devenir plus puissant que les Hôtels outre-Atlantique, avec l’Europe clairement positionnée dans le viseur.

Fabien Clouet

Un Voisin Epatant : l’économie collaborative de proximité géographique

un.voisin.epatant

Le partage et l’échange près de chez vous

Aujourd’hui les voisins (neighbors pour les bilingues) sont partout ! Normal me direz-vous quand on est presque 7 milliards de personnes sur cette planète. A l’exception de ceux qui vivent comme des Robinsons, nous avons tous au moins un voisin.  Mais la vraie question est : qu’en est-il de nos contacts avec eux ? Est-il facile d’aller cogner à la porte du voisin du dessous sous prétexte qu’il écoute du rock à fond jusqu’à 2 heures du matin ? Pourquoi pas oui… sauf si la veille, c’est lui qui est venu se manifester parce que 30 de vos potes squattaient votre superbe duplex pour le transformer en boîte de nuit !

Bref, Relativisons ! Les voisins, ce n’est pas seulement fait pour se chamailler, c’est aussi fait pour s’entraider ! C’est dans cet esprit qu’est né en juin 2013 le site collaboratif : « Un voisin épatant ».

Le concept du site s’appuie sur l’échange de produits et services de la vie courante. Chaque membre de la communauté fixe ses prix et ses voisins peuvent s’ils le désirent bénéficier de ces produits ou services.

Actuellement, l’offre se décline sous quatre axes :

– Cuisiner un bon petit plat (repas complet, sucré, salé)
– Repasser mon linge (vêtement ordinaire, vêtement délicat)
– Prêter sa machine à laver
– Prêter un appareil (pour bricoler, pour cuisiner, pour l’entretien, pour les loisirs)

Et chaque voisin est un moteur du système :

La communauté des voisins

Alors que l’économie collaborative pointe plus que le bout de son nez dans notre société, « Un voisin épatant » se positionne comme un vecteur de relance des relations de voisinage.

N’imaginez pas que vos voisins deviendront vos meilleurs amis en un clin d’œil, mais les conceptions et les rapports peuvent changer !

Un voisin épatant, c’est toi, c’est lui, c’est vous, c’est moi ! Un voisin épatant, c’est donc quelqu’un qui est prêt à rendre service, ou qui a besoin d’un service, c’est surtout quelqu’un qui a envie de découvrir son quartier, de partager, et d’aller à la rencontre des autres !

Et pour vous, comment savoir s’il se cache derrière votre voisin quelqu’un d’épatant ? Une seule solution : osez frapper à sa porte !

http://www.unvoisinepatant.com/

Fabien Clouet