Uber : un exemple pour faire sauter les monopoles !

uber

Dans le monde, il existe encore beaucoup de monopoles dans l’économie traditionnelle. Aujourd’hui, avec les nouveaux acteurs de l’économie collaborative, nous nous rendons compte que de nombreux leaders craignent l’arrivée de ses nouveaux modèles sur leur marché. Maurice Levy, PDG de Publicis, a même déclaré « Tout le monde a peur de se faire uberiser ».

En effet, Uber est un acteur important de la consommation collaborative qui tente régulièrement des nouveaux services. Chaque tentative donne place à des modifications sur les marchés ainsi qu’au niveau de la législation.

Uber possède une image forte tournée sur les activités des chauffeurs de taxi, au transport de voyageurs. Aujourd’hui, rencontrant de nombreux problèmes et avec un taux de pénétration important sur le marché, la société décide de se tourner vers des marchés statiques. Cette stratégie lui permettra de ne pas péricliter et même se développer grâce à sa puissance et sa notoriété dans les 45 pays dans lesquelles elle est déjà implantée. Pour exemple, UberFresh a été lancé l’été dernier en Californie pour tester le service de livraison de repas.

Je vous parlais la semaine dernière de l’application Sunday pour se faire livrer des croissants au lit le dimanche. On peut donc imaginer de nombreuses applications pour un service de livraison.

Uber teste, en effet, son service sur plusieurs produits comme la livraison de crème glacée, de vaccin contre la grippe ou même de produits pour chat. La société aide aussi les étudiants à déménager ou propose, à Hong Kong, des grands vans pour charger les affaires volumineuses.

Nous allons donc observer une forte diversification de Uber, au point que certains pensent déjà que la société deviendra le nouveau Google pour le service.

Mais Uber n’est qu’un des acteurs qui vont détruire les monopoles de la société pour la réorganiser !

En effet, Airbnb et d’autres risquent de chercher à se diversifier dans leurs activités, ce qui va permettre de concurrencer les leaders de certains marchés. La force de ces modèles restent l’acceptation et l’action de la société, elle permet de faire pression sur la justice et surtout sur certains lobbys qui souhaiteraient s’opposer au changement.

Dimitri Marié / @dimitrimarie

Publicités

Co-Hébergement : la taxe de séjour arrive !

Cohébergement 3collaboractifs

Voilà bien des mois que l’hébergement collaboratif provoque la colère des groupements hôteliers. Si outre-atlantique, Airbnb a récemment enflammé le débat dans sa ville d’origine, San Francisco, la France connaît également son lot de perturbations. Les différentes plateformes que nous vous avions déjà présentées, seront bientôt logées à la même enseigne que les autres hébergements plus traditionnels.

Vendredi, rien ne sera plus permis ?

Un amendement au projet de loi « finances 2015 » sera déposé ce vendredi et discuté à l’assemblée nationale la semaine prochaine a annoncé Laurent Fabius. Cet amendement portera sur l’instauration d’une taxe de séjour pour tous les hébergements dits de « tourisme ». Les entreprises de l’économie collaborative visées par les lobbys hôteliers depuis un certain temps deviendront ainsi des collecteurs de taxe pour le gouvernement et seront chargés de les reverser à l’Etat.

Les montants qui ont pour l’instant été évoqués se situent au niveau de 0,75 € par jour et par personne pour les hôtels et assimilés « non classés » (et donc les hébergements collaboratifs), 1,50 € pour les hôtels***, 2,25 pour les 4 étoiles, 3 € pour les 5 étoiles voire même 4 € pour les palaces.

Un premier pas qui nécessitera rapidement un second

Clairement, si l’amendement est accepté tel quel, il ne fera qu’apaiser les tensions pour quelques temps sans réellement changer la donne. Payer une taxe de 0,75 € par jour et par personne pour les plateformes collaboratives reste quelque chose de très largement mesuré, même si au cumul cela peut représenter des sommes importantes.

La démarche est multiple de la part du gouvernement et, disons, que dans un premier temps elle arrange tout le monde. Elle permet d’une part de contenter les différents acteurs impliqués : les hôtels se sentent considérés dans leur démarche et les plateformes collaboratives prêtes à consentir un effort qui ne les handicapera pas dans leur développement à court terme. D’autre part c’est une solution idéale pour l’Etat qui vise surtout une rentrée de 300 millions d’euros au niveau des collectivités locales.

Dans l’ombre de cette négociation se tapit surtout la problématique que rencontre la ville de San Francisco avec Airbnb : la transformation des appartements urbains en parcs hôteliers à plein temps pour les groupes immobiliers visant des rentrées d’argent importantes à court terme, en sortant par conséquent du système législatif en place. Cette option devrait inquiéter l’Etat qui aujourd’hui peut plus se reposer sur les taxes des hôtels que celles des plateformes de co-hébergement.

Ce n’est donc pas un accord de paix qui est préparé, c’est une trêve, et comme toutes les trêves : on ne sait pas combien de temps cela va durer !

Fabien Clouet   /   @FabienClouet

TV, affichage : l’économie collaborative attaque la publicité offline !

L’économie collaborative est sur toutes les bouches ! Qui n’a pas entendu parler du phénomène de covoiturage, de la possibilité de louer sa voiture à d’autres particuliers, de mettre en vente ou louer des outils dont on ne se sert plus pour arrondir les fins de mois ou encore de trouver une maison à échanger à l’autre bout du monde pendant la période estivale ? L’économie de partage est en train de rentrer petit à petit dans les mœurs de notre société (même si beaucoup de gens n’ont pas encore eu l’occasion de profiter de services proposés) et cela ne semble être que le début. Et les grands acteurs de ce nouveau mode de consommation – j’entends par là les plus grandes plateformes collaboratives – ont bien compris l’immense potentiel qui existe et sont en train d’investir sur un canal bien différent de leur sphère digital : la communication offline.

Habitués à mener leurs campagnes publicitaires sur le web, ce qui parait évidemment logique puisque c’est leur outil premier de développement, les grandes plateformes collaboratives ont décidé de se porter vers une communication multicanal afin de diversifier leurs approches et de toucher un plus large public.

Airbnb et sa campagne d’affichage dans le métro

Le géant américain de l’hébergement collaboratif a mené il y a plusieurs semaines une campagne de communication au sein même du métro de Paris. Le lieu et le mode d’affichage n’ont évidemment pas été choisis au hasard : le sous-sol parisien est un des lieux les plus à même de créer le buzz grâce à son taux de fréquentation très important et il permet aux annonceurs de profiter d’encarts géants pour y intégrer leurs visuels. Airbnb a donc créé de grands posters mettant en scène différents logements des quatre coins du monde que l’on peut retrouver au sein de sa plateforme. Le style « carte postale » de ces visuels est un moyen malin de donner envie aux usagers du métro, en majorité des travailleurs, de s’évader et pourquoi pas d’envisager des voyages collaboratifs.

Airbnb_métro_paris_publicité_collaboratif

Blablacar et Drivy lancent leur pub TV

Covoiturage et location de voiture : les premiers acteurs à intégrer la télévision dans leur stratégie marketing font référence à l’automobile. Cela n’est pas très étonnant puisque ce sont les modes de consommation qui sont les plus en vogue en ce moment et qui bénéficient de retombées financières plutôt intéressantes (et le mot est faible quand on voit que Blablacar vient de réaliser une levée de fonds de 73 millions d’euros, rien que ça !). Venus avec des spots publicitaires assez créatifs, riches en couleurs et vantant les avantages de leurs plateformes par rapport aux modes de consommation classique, Blablacar et Drivy souhaitent toucher le grand public en jouant la carte de la sympathie et de la nouveauté.

Arguments budgétaires VS valeurs de l’économie collaborative

Lorsque des entreprises évoluent de manière significatives et commencent à posséder une force financière non négligeable, il parait légitime qu’elles utilisent les divers moyens de communication existants pour augmenter leur notoriété et jouer sur leur image de marque. Mais, les plateformes citées dans cet article font parti intégrante du phénomène d’économie collaborative. Or, ce nouveau mode de consommation s’appuie à l’origine sur de fortes valeurs de partage, de collaboration, d’entraide (modèle C to C*), de recherche d’économies, et même de création de communautés censés apporter un nouvel élan social à une population habituée à être conformée au modèle B to C**. L’apparition de ces plateformes sur ces canaux de communication offline pose la question de leur réel investissement au sein de la communauté collaborative, et on peut se demander si finalement cela n’est pas juste un moyen de profiter d’une image valorisante au moment de débuter. Serait-ce là une première vraie limite à l’économie collaborative ?

 –

Rafaël De Oliveira

* C to C = système de consommation de particulier à particulier.

** B to C = système de consommation de la marque au consommateur.

« Views » : Airbnb attaque le marché de la pub audiovisuelle

J’en parlais avec vous le mois dernier. Face à la forte croissance du nombre de locations d’hébergements via son site web, la marque américaine Airbnb commence à s’attirer les foudres des autorités législatives désireuses de taxer l’activité. Les groupes hôteliers sont également présents pour faire pression face à ce concurrent extrêmement puissant en passe de bouleverser le monde de l’hébergement.

Une véritable stratégie de communication

Mais derrière ces quelques obstacles sur son parcours, Airbnb ne se fait pas prier pour accélérer son développement. Si la marque assure une présence visuelle par l’intermédiaire d’affiches dans les grandes villes mondiales, elle vient de passer la vitesse supérieure en ce début de mois de mai.

Airbnb pub metro

Symbole de l’éclosion de tout un modèle économique (celui de l’économie collaborative), Airbnb vient tout récemment d’attaquer le marché de la publicité audiovisuelle avec une campagne de communication : Views. La campagne est pour l’instant adaptée aux pays anglophones, en attendant les versions dans d’autres langues.

Si Airbnb accentuait, depuis sa création, sa communication sur le fait de trouver un « chez soi » partout dans le monde, l’entreprise arrive ce coup-ci sur le marché de la publicité audiovisuelle avec un nouveau slogan : « Book a home. Get a unique view of the world ». Avec cet investissement, Airbnb s’offre la possibilité de communiquer sur les supports quotidiennement utilisés que sont les smartphones, les tablettes et les ordinateurs.

Dans la concurrence qui la confronte aux autres modes d’hébergements, Airbnb revendique donc l’apport d’une touche expérientielle et nouvelle que les autres ne peuvent tout simplement pas offrir : « Des points de vues uniques sur le monde » !

Vis-à-vis des autorités, Airbnb justifie son développement et ses positions en avançant le fait de justement louer des appartements dans des zones initialement peu touristiques : participant en plus au développement de quartiers et espaces urbains ou ruraux.

Airbnb, l’exemple à suivre ?

Au-delà de tous ces questionnements, il est intéressant de constater à quel point l’économie collaborative, par l’intermédiaire de ce que fait Airbnb met véritablement les pieds dans le système économique mondial et peut véritablement rivaliser avec ce qui existe depuis plusieurs années. Basé sur un système de partage solidaire et un esprit qui se veut collaboratif, l’économie collaborative permet aussi de créer de véritables entreprises qui se libéralisent ! Et le moins que l’on puisse dire c’est que cela n’est pas pour plaire aux corps de métiers concurrencés par toutes ces entreprises naissantes.

Mais ne devrions nous pas plutôt nous réjouir de voir évoluer les consommations de la population mondiale ? Plus d’échanges, plus de rencontres, plus de mobilité, plus de voyages… C’est tout simplement la société qui évolue. Airbnb montre la voie, il ne reste plus qu’aux autres entreprises de l’économie collaborative à s’inspirer pour faire clairement valoir leur droit d’exister justement au reste du monde.

Fabien Clouet

Airbnb à la conquête de l’appareil législatif mondial

Vous connaissez très probablement la plateforme de consommation collaborative Airbnb (bnb -> bed and breakfast) qui propose aux particuliers de louer leurs appartements entre eux à travers le monde. La start-up américaine basée à San Francisco a vu le jour en 2008 grâce à 2 étudiants Brian Chesky et Joe Gebbia qui se demandaient comment ils allaient payer leur loyer dans un moment de difficulté financière. La solution, ils l’ont trouvée en louant leur canapé !

Depuis, la société s’est développée de façon phénoménale à travers le monde. Si l’on regarde juste la France, on recense plus d’1 million d’utilisations depuis le lancement de la plateforme. Une façon de voyager et de se loger qui rompt avec les habitudes de ces dernières années et qui se positionne pleinement dans l’esprit de l’économie collaborative.

airbnb

La société : une arme contre les lois pour Airbnb ?

L’économie collaborative change beaucoup de choses dans la société, elle change surtout la donne en redistribuant les cartes. Car Airbnb ne se fait pas que des amis en se développant de cette façon. Les hôtels et autres groupements de professionnels du logement se sont plusieurs fois opposés à la start-up de la Silicon-Valley qui outrepasse les lois des différents Etats en ne payant ni impôts ni taxes sur les logements, lui permettant de proposer des prix défiant toute concurrence.

La donne paraît donc simple, en vue de protéger son économie, chaque Etat pourrait légifèrer et imposer ses conditions à Airbnb et aux autres entreprises de consommation collaborative. Ainsi les entreprises en place conserveraient leurs statuts et les Etats continueraient à percevoir leurs taxes. Simple… c’est donc le mot qui ne convient pas du tout à la situation, car si les instances publiques se doivent de protéger les entreprises, elles ont aussi un devoir vis-à-vis de la population : leurs électeurs ! Si les politiques des différents pays se positionnent en porte-à-faux du mouvement de l’économie collaborative porté par la société même, ils se condamnent eux-mêmes pour l’avenir.

Le pouvoir du compromis : une taxe à 14%

Cette délicatesse, Airbnb l’a bien comprise. Mais foncer en pensant que l’on peut passer au dessus des lois paraîtrait quelque peu optimiste. Airbnb a donc proposé à la ville de San Francisco de s’acquitter de taxes afin d’être en règle vis-à-vis de la loi. L’entreprise va mettre en place d’ici l’été une taxe de 14% sur chaque location, elle diminuera les rentrées d’argent pour les loueurs, mais devrait permettre aux pouvoirs publics américains de récolter près de 250 000 dollars en 2014.

L’objectif final de cette demande est de faire légiférer l’ensemble des Etats-Unis qui pourraient récolter au total jusqu’à 21 millions de dollars par an. Et Airbnb s’en donne les moyens, puisque l’entreprise vient tout récemment de réaliser une nouvelle levée de fonds de 450 millions de dollars, la faisant entrer dans le club fermé des start-up valorisées 10 milliards de dollars, derrière Facebook, Google, Twitter ou autre LinkedIn…

Plutôt jeune sur le marché de l’hébergement, Airbnb n’en est pas moins ambitieux et aspire à devenir plus puissant que les Hôtels outre-Atlantique, avec l’Europe clairement positionnée dans le viseur.

Fabien Clouet