Urbacolors, le guide du street art dans votre poche !

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Je vous avais présenté l’été dernier le projet de Google visant à réaliser un véritable musée de Street Art en ligne via des visites virtuelles de lieux encore existants ou disparus de cet art urbain, aujourd’hui c’est d’un projet français de la même inspiration dont je vais vous parler.

Cette application développée depuis 2011 par Aurélien MICHAUD, Matthieu OLIVIER et Louis BOUDET, urbanistes de formation, poursuit un but simple : recenser toutes les œuvres de street art à travers le monde pour que chacun d’entre nous puisse visiter toutes les villes d’une façon originale.

Si Aurélien et Matthieu ont tous deux commencés à parler de leur passion sur le blog Urbamedia où ils traitent des problématiques liées à la ville, ils ont décidé de franchir de pas plus concret de l’application avec Urbacolors !

Contrairement à Google qui vise la création d’un véritable musée online, Urbacolors qui n’a très probablement pas les mêmes moyens financiers vise une approche beaucoup plus collaborative avec son application. C’est un peu le wikipadia du street art dans l’esprit puisque la constitution de la collection virtuelle est totalement collaborative et chacun des utilisateurs peut y ajouter la photo qu’il veut. Le fonctionnement est très simple :

Mais Urbacolors n’est pas seulement une encyclopédie de photos de street art, c’est aussi et surtout un véritable guide des villes qui sont des musées à ciel ouvert. Aurélien Michaud suggère d’ailleurs qu’il nous faut simplement revoir notre approche du « marcher en ville » et apprendre à lever un peu la tête pour découvrir bon nombre de créations artistiques !

Pour ceux qui ne souhaitent pas chercher d’eux-mêmes et ajouter des créations, Urbacolors est justement là pour vous. Les photos sont géolocalisées et référencées par artiste, ainsi vous pouvez vous organiser votre propre visite guidée « street art » dans la ville que vous visitez. Un véritable jeu de piste qui n’est pas sans rappeler le concept du geocaching que nous vous présenterons dans les semaines à venir.

L’application disponible sous iOS et Android est même prévue pour les plus joueurs puisque vous gagnez des points et progressez dans le classement mondial en ajoutant des œuvres à la collection et en vous localisant proche des œuvres et en ajoutant des grafs.

Avec déjà 7 000 utilisateurs et plus de 17 000 photos géolocalisées depuis 2011, Urbacolors commence à se faire son trou dans le street art, de véritables communautés de passionnés se sont développées dans des grandes villes du monde.

Pour les fans d’art, ne cherchez plus, votre touche culturelle urban est sur Urbacolors, et n’oubliez pas d’alimenter vous aussi la base de données !

Fabien Clouet   /   @FabienClouet

Google Street Art : l’insolite des quatre coins du monde depuis votre bureau

Pour les fans de Google ou les fans d’art, il ne vous aura pas échappé que le géant américain est très impliqué dans le domaine par l’intermédiaire du Google Culturate Institute. Un des piliers de l’institut est le projet Google Art. Lancé il y a quelques années, il permet aux internautes de visualiser près de 57 000 œuvres numérisées à travers le monde et plus de 380 expositions.

Avide d’idées originales, Google vient de donner naissance à une extension de Google Art : Google Street Art !

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Street Art Project : immortaliser l’éphémère !

Le Google Street Art Project est accessible depuis le mois dernier. Présenté à Paris au Palais de Tokyo le 10 juin, il est présenté sous la forme d’un site web intitulé streetart.withgoogle.com qui centralise les œuvres d’art de rue répertoriées par Google à travers le monde.

Ainsi, la Tour Paris 13, aujourd’hui démolie ou encore le 5 Pointz de New-York, berceau new-yorkais du graffiti en proie à une destruction sont accessibles en œuvres numériques haute qualité depuis votre ordinateur. Vous pouvez également accéder à des dossiers thématiques sur le graffiti brésilien ou colombien et bien d’autres œuvres !

L’objectif de Google est de recréer sur la toile un espace virtuel pour visiter les lieux. Une vue à 360° des lieux est possible grâce à Google Street View et la technologie du méga pixel permet aux internautes de zoomer certaines œuvres de façon spectaculaire pour l’obtention de détails. Près de 5000 photos et vidéos sur ces œuvres urbaines sont jusque là disponibles sur la plateforme interactive de Google.

Un projet construit avec les artistes

Google met en avant une attitude de mécène vis-à-vis de ces œuvres inaccessibles,  déjà disparues ou amenées à disparaître, souvent réalisées sur des bâtiments en état de dégradation avancée. Car si l’entreprise américaine veut empêcher que le street art tombe dans l’oubli en l’immortalisant, elle réussie également le joli coup d’associer des valeurs humaines à une de ses technologies existantes avec l’analogie « street art » / « street view » !

Mais avec cette attitude, les puritains de l’art comme je suis pourront poser la question de l’essence même de l’art, et encore plus du street art. N’est ce pas la vocation de l’art que d’être contextualisé et éphémère ? Toute création est condamnée à disparaître un jour !

Pour cela Google a trouvé la parade. Impliquer les artistes dans son projet. Ainsi certaines images ont été livrées par les artistes eux-mêmes. Des témoignages audio sont également disponibles et permettent de rentrer plus en profondeur dans la vie des artistes. Des créateurs comme Banksy ou Space Invader ont déjà collaboré sur ce projet.

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Le web pour un projet collaboratif, en attendant plus

De votre côté, il est possible d’apporter votre pierre à l’édifice en signalant à Google la localisation d’œuvres non répertoriées. Le réseau social Google+ est mis en avant pour communiquer à propos de ces œuvres encore inconnues, mais Facebook et Twitter sont également utilisables. Les hashtags sont les mots de ralliement : #streetartproject, #streetart, #Murals, #GraffitiArts, #ArteUrbano.

Si Google apporte une touche culturelle à notre société du web, et nous permet de partir en vacances depuis notre bureau, l’entreprise soigne également un des grands maux de l’Humanité : la peur de tomber dans l’oubli. Cependant l’initiative pourrait s’avérer extrêmement intéressante dans les années à venir pour le tourisme virtuel. Imaginez des initiatives comme celle de Google vécues avec des technologies comme l’Occulus Rift racheté récemment par Facebook. Nous pourrions visiter virtuellement des sites disparus comme si nous y étions pour de vrai… Effrayant, mais tellement excitant pour la sauvegarde des merveilles de notre monde !

Fabien Clouet