Netflix nous tient compagnie… en GIF animés !

Mixez culture pop du web, cinéma, publicité et instantané, et vous obtiendrez… la dernière campagne publicitaire de Netflix. Le géant américain spécialiste de cinéma et séries à la demande, récemment arrivé sur le marché en bousculant les habitudes de Canal+, se lance dans une campagne pour le moins innovante qui utilise des GIF animés.

Après une entrée en fanfare en France, il semblerait donc que ce ne soit pas aussi facile que ça d’investir un marché où Canal Play séduit également. Netflix s’est donc associé à l’agence Ogilvy pour investir les écrans de pub video présent dans les lieux publics.

Ainsi vous aurez pu voir dans les rues de Paris des images animées qui ont été choisies pour être diffusées de façon contextualisée.

100 créations différentes sont diffusées sur des écrans animés en fonction du contexte dans lequel vous évoluez. Vous pourrez ainsi subir le regard noir de Gerard Butler alias Leonidas, roi des Spartiates dans 300, qui vous soufflera avec insistance qu’on n’est pas si mal que ça dans son canapé à regarder un film ou une bonne série !

NETFLIX_Rain_FR

Les différents GIF sont gérés en fonction de l’environnement et des lieux dans lesquels ils ont été installés. La réactivité se fait dans les 2 heures.

Une campagne publicitaire qui fera sourire du monde, à défaut de gagner obligatoirement des parts de marché !

Fabien Clouet   /   @FabienClouet

Canal+ peut-il survivre à ses duels face à Netflix et Be In Sport ?

Canal+ boutique

Le 4 novembre prochain, Canal+ marquera le 30ème anniversaire de la naissance de Canal+. Un bel événement que le groupe français s’apprête à célébrer fièrement et dignement. Mais, pas sûr que les festivités se préparent totalement sereinement. En effet, la filiale de Vivendi, spécialisée depuis toujours dans le sport et le cinéma, est peut-être en train de vivre ses derniers moments de gloire dans le monde télévisuel français à cause de deux nouveaux (et déjà puissants) groupes étrangers : Be In Sport et Netflix.

Round 1 : un duel sportif contre Be In sport

Canal+ et le sport, et plus particulièrement le football, c’est une grande histoire d’amour. Depuis 3 décennies, la chaine n’a cessé d’investir, parfois de manière très importante, dans des dispositifs toujours plus innovants pour moderniser la réalisation des retransmissions de matchs et permettre aux téléspectateurs de vivre de nouvelles expériences devant le petit écran. Longtemps intouchable (demandez à l’ancien groupe TPS ce qu’il en pense !), Canal+ était le numéro 1 incontesté de la diffusion sportive et on imaginait que l’histoire se déroulerait comme dans les plus beaux contes : « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants » (oui car le groupe a accouché par la suite de Sport+, Canal+ Sport, Golf+, …). Mais ça… c’était avant !

Oui parce que depuis le 1er juin 2012, l’histoire n’est plus aussi féérique que ça. En effet, un prince originaire du Moyen-Orient, pas tout à fait charmant pour le coup si l’on se place du côté de Canal+, a débarqué brutalement, faisant l’effet d’une véritable révolution dans le milieu. Les chaines Be In Sport, propriétés du groupe qatari Al-Jazeera, sont ainsi apparues en apportant une offre plus alléchante que son compère français en termes de tarifs, avec des abonnements à 11€99 par mois sans engagement (contre plus de 30€ pour Canal+), mais également de prestations riches grâce à une folle course aux droits TV. En un peu plus de 2 ans, Be In Sport a réussi à convaincre plus de 2 millions de sportifs en France qui peuvent désormais suivre une grande partie des matchs de Ligue 1 (ancienne exclusivité Canal+), les championnats espagnol, italien ou allemand et une majeure partie de la Ligue des Champions, mais également la NBA, la Ligue de Diamant d’athlétisme, les grands tournois de tennis (excepté Roland Garros), ou plus récemment la Coupe du Monde de football et le championnat français de handball. Autant de compétitions que Canal+ ne peut bien sûr plus diffuser, l’exclusivité étant de mise la plupart de temps. Et, pis encore, de nombreux journalistes et consultants sont passés de la chaine cryptée au nouvel empire qatari, laissant un goût quelque peu amer à Bertrand Meheut, président du groupe Canal+. Alors, même si Canal+ a gardé les plus belles affiches de Ligue 1 et de Ligue des Champions, ainsi que le Top 14 de rugby, et a su enrôler la saison de Formule 1 au groupe TF1, les moissons au moment des attributions des droits TV sont de plus en plus minces et il est fort à parier que la tendance sera dure à inverser. D’autant plus que la chaine qatari vient d’annoncer, via le Directeur de la rédaction Florent Houzot, le lancement d’une 3ème chaine (Be In Sport 3) pour élargir son offre et mieux répartir sa grille de programmes.

Round 2 : Des défaites en séries contre Netflix ?

Netflix VS CanalPlay de Canal+

Même si le duel sportif contre Be In Sport fait rage, Canal+ a l’avantage de posséder un deuxième levier qui fait également le succès de la chaine depuis sa création : le cinéma… et les séries depuis quelques années maintenant. Spécialiste dans le domaine, le groupe Canal est devenu au fil du temps une valeur sure du paysage cinématographique grâce à ses « Studio Canal » qui produisent de nombreux films et séries. Ces dernières sont d’ailleurs un des éléments phares de la chaine ces dernières années et les succès ne manquent pas. Braquo, Borgia, Engrenages, Maison Close, autant de séries devenues cultes aux yeux des cinéphiles. Pour exprimer ses envies de développement dans ce domaine, le groupe Canal a lancé la chaîne Canal+ Séries (son nom parle de lui-même) et, depuis 2012, s’est tourné vers le monde digital en proposant CanalPlay, un catalogue de films et séries disponible exclusivement sur internet. Aujourd’hui, CanalPlay revendique pas moins de 10 000 programmes consultables en illimité 24h/24 et possède l’offre la plus riche qui soit en France. Mais çà encore, c’était avant…

L’offre sportive déjà concurrencée, voici que Canal+ se voit menacé au niveau de son offre du 7ème art par l’arrivée Netflix, nouvel acteur américain dont nous avons déjà présenté les spécificités sur ce blog. Les deux plateformes possèdent des offres un peu similaires au niveau tarifaire (moins de 10€ par mois l’abonnement) mais se démarquent dans leur catalogue de programmes. En effet, quand CanalPlay met l’accent sur ses séries françaises et sur des séries américaines aux histoires assez cyniques (Homeland, Dexter, …), Netflix débarque avec des programmes qui cartonnent un peu partout dans le monde et des super-productions telles que The Walking Dead ou Breaking Bad, qui a reçu cette année son 2ème Emmy Award consécutif de meilleure série. Même si les politiques sont différentes, la balance semble être à l’équilibre. Mais un facteur pourrait venir contrarier les plans de Canal+ : Netflix, qui a déjà signé un contrat avec Bouygues, serait en passe de faire de même avec les box d’Orange, de Free et de SFR pour que sa plateforme fasse partie intégrante des offres de ces opérateurs. Chose que CanalPlay n’a pas encore exploitée.

Entre les « sportifs qataris », d’un côté, et les « cinéastes américains », de l’autre, la chaîne française se retrouve dans une situation quelque peu inconfortable puisqu’elle a face à elle deux concurrents ultra-spécialistes dans les deux domaines qui ont fait la richesse et le succès de Canal+. Alors, est-ce la fin des 30 (années) Glorieuses ? Pour l’instant rien n’est sûr car le groupe Canal a toujours prouvé par le passé que la concurrence ne lui faisait pas peur. Mais ça, …

Rafaël De Oliveira / @Raf_dragaozito

Netflix, du DVD à la conquête du monde

Netflix

Pour ceux qui n’ont écouté les informations que d’une oreille récemment et ceux qui ne sont pas fans de films et de télévision, ne vous inquiétez pas si vous n’avez pas compris qui était ce Netflix dont tout le monde parle, vous avez ici quelques lignes pour comprendre que le paysage français de la télévision risque d’être perturbé dans les années à venir.

Netflix, du DVD à la video instantanée

Malgré son nom à consonance bien gauloise, Netflix n’a rien de français. Il s’agit en fait d’une entreprise américaine créée en 1997 Reed Hastings et Marc Randolph. Si on parle beaucoup de Netflix ces derniers temps, c’est tout simplement parce que la plateforme web, extrêmement développée en Amérique, vient tout juste d’apparaître en France (depuis le 15 septembre exactement). C’est donc après avoir conquis d’autres pays européens comme le Danemark, la Finlande, l’Irlande, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède ou encore le Royaume-Uni, que Netflix a attaqué l’hexagone.

Lors de la création de Netflix, Reed Hastings est parti avec un concept simple : une plateforme web pour louer des DVD en quantité et durée illimitée. A l’époque, les DVD étaient envoyés par la poste. Depuis le modèle à sensiblement évolué puisque le développement intensif du web et du haut débit a conduit Netflix à s’orienter vers la vidéo en ligne. Ainsi la plateforme américaine propose à ses clients plus de 100 000 films et séries télévisées en accès illimité.

La différence nette avec des plateformes qui ont été attaquées en justice telle que Emule se situe dans la légalité du concept. Netflix paie ses redevances pour les videos de sa bibliothèque. En contrepartie, les utilisateurs en sont des membres puisque l’usage de la plateforme est payant : 7,99 euros par mois.

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Un succès construit sur l’optimisation de l’offre

Vous me direz qu’en soit, Netflix n’a rien de différent de toutes les autres plateformes « pirates » existantes, à la différence près que certains films sont accessibles en meilleure qualité. Netflix offre également un service similaire à la télévision à la demande des chaînes de la TNT ou du satellite.

Et pourtant cela fonctionne ! Son succès, Reed Hastings le puise dans l’optimisation de l’offre auprès de ses clients. Netflix met donc le paquet, car sur la plateforme, l’offre est spécifique à chaque client. Si l’ensemble de la bibliothèque est bien sur accessible à tout un chacun, l’entreprise à développé un algorithme permettant d’analyser les attitudes des utilisateurs : temps passé sur chaque video, typologie des videos regardées… Ainsi chacun se voit proposer sur sa page d’accueil des films et séries susceptibles de lui plaire, car classées dans les mêmes catégories que ses habitudes.

Ne bénéficiant pas de films piratés quasiment en même temps que leur sortie cinéma, Netflix en profite tout de même pour optimiser ses choix concernant les succès populaires. Les films et séries les plus en vues sur les sites « illégaux » le sont également sur Netflix.

Avec un coût faible, une qualité certaine des videos et une offre adaptée à chacun des clients, Netflix réunit les trois conditions pour s’imposer.

Netflix s’impose, et fait grincer des dents les acteurs en place

L’arrivée de Netflix en France n’a pas suscité que des messages d’accueil chaleureux. Les chaînes de télévisions, acteurs du développement national du cinéma français s’insurgent contre cet américain qui défit toutes les contraintes légales nationales. En France, les chaînes sont soumises à la TVA (ce qui n’est pas le cas de Netflix qui a installé son siège social au Luxembourg), à laquelle vient s’ajouter l’obligation de consacrer 10% de leur chiffre d’affaire au financement de la création audiovisuelle française.

Netflix s’émancipe donc de bien des contraintes en agissant en France depuis le Luxembourg. Mais si le paysage audiovisuel français prend une claque, avec cette arrivée c’est surtout parce qu’il n’a pas su anticiper une transition entamée depuis plusieurs années avec l’arrivée du web.

Mais à qui la faute me direz-vous ? Aux entreprises françaises qui n’ont pas su prendre le risque de se lancer dans le domaine ou à l’Etat qui n’a pas considéré cette arrivée du web comme un changement nécessaire dans le monde culturel auquel il fallait accorder une enveloppe ? Je n’ai pas la réponse, mais à l’heure de la video sur vos smartphones, j’espère que vous n’oublierez pas de régler votre redevance télé pour 2014. Netflix et ses 48 millions d’utilisateurs vous saluent bien.

Fabien Clouet   /   @FabienClouet