Le marché des applications mobiles en pleine évolution !

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Moins d’applications … pour plus d’utilisation.

Harris Interactive a mesuré l’évolution de certaines données d’usages et d’attitudes des utilisateurs de smatphones initialement mesurées fin 2012. Cette enquête a été réalisée en ligne du 8 au 15 janvier 2014 sur un échantillon de 1 000 individus représentatifs de la population des internautes français âgés de 15 ans et plus.
Nous pouvons tout d’abord faire un constat sur le marché des applications. Nous utilisons beaucoup moins les applications en termes de temps et téléchargeons également moins d’applications mobiles sur nos smartphones. Partant de ce postulat, nous pourrions penser que le marché des applications serait en chute libre or ce n’est pas tout à fait le cas.

Voici les enseignements de l’enquête :

– En 2014, le profil-type de l’utilisateur de smartphones est un homme, CSP+ basé en région parisienne.

– Sur le marché des systèmes d’exploitation, Android a poursuivi sa croissance en gagnant 10 points de part de marché pour représenter aujourd’hui 60% au détriment notamment d’iOS qui a perdu 4 points et représente 29%. A noter également, la progression de Windows Phone qui représente désormais 8% de part de marché.

– Mais l’enjeu majeur de toute application, après son installation, demeure sa capacité à prolonger son cycle de vie en parvenant à créer de la récurrence d’usage : sur 35 applications mobiles installées, 11 restent utilisées toutes les semaines mais ce sont désormais 12 applications contre 10 fin 2012 qui ne sont jamais utilisées.

– La rotation des applications installées est moins importante qu’au début. .

Début 2014, seulement 15% des utilisateurs de smartphones, contre 22% fin 2012, qui installent encore au moins une nouvelle application toutes les semaines mais encore près d’1/3 qui consultent un magasin d’applications au moins une fois par semaine.

Ce marché conserve donc une dynamique avec par ailleurs encore 6 applications en moyenne téléchargées par les utilisateurs de smartphones au cours des trois derniers mois contre 9 fin 2012.

Mais cette légère baisse est peu significative car dans le même temps, la géolocalisation et les envois de notifications en push sont bien acceptées de ces utilisateurs avec 29% d’entre eux qui autorisent régulièrement les applications qu’ils installent à utiliser leurs données de localisation contre 27% fin 2012 et 20% à leur envoyer des notifications push contre 24% fin 2012.

Aux U.S.A, ce marché bénéficie également d’une bonne dynamique. En effet, les grandes enseignes et marques de web concentrent leurs efforts sur le mobile comme Facebook avec l’application Messenger ou encore leur fonctionnalité d’achat sur mobile. De plus, le temps passé sur les applications mobiles a augmenté de 65% en deux ans. Aujourd’hui, le temps passé par mois sur les applications mobiles a dépassé les 30 heures sans pour autant avoir connu une hausse d’installation d’applications par smartphone.

La tendance du marché : les applications sociales, de divertissement et la publicité

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Aux Etats-Unis, le temps passé sur les applications se définit en 3 catégories qui sont les moteurs de recherche, les applications sociales et le divertissement.

Aujourd’hui, les marques ne cherchent plus à développer leur propre application si elle n’apporte rien dans ces trois domaines. Elles préfèrent désormais investir dans la publicité, la communication sur des applications forte avec une forte audience. Le marché de la publicité sur smartphone est aujourd’hui en plein boom. C’est pour cela que certains ne cherchent même plus à s’implanter sur le web comme par exemple Stootie ou encore Snapchat qui développe une offre dédiée aux marques pour la communication sur son application. Les marques doivent donc prendre en compte les applications comme un nouveau média dans l’e-pub et ne plus seulement penser au SMS marketing pour le son marketing mobile.

Aujourd’hui sur un marché des applications mature, en France ou aux U.S.A, la tendance est à la différenciation, les applications doivent désormais répondre à un réel besoin, proposer une expérience particulière pour donner envie aux utilisateurs de smartphone de la télécharger mais aussi d’en être un utilisateur fidèle. Pour cela, la majorité des applications qui se développent aujourd’hui tendent à devenir sociales ou tournent autour de jeux vidéos.

Les prévisions pour 2018 en Europe

« Le secteur des applis est l’un des domaines de l’économie numérique où l’Europe est vraiment à la pointe », s’est réjouie la commissaire européenne chargée des Nouvelles technologies, Neelie Kroes, dans un communiqué.

Selon une étude réalisée pour la Commission européenne et publiée en Février 2014, le secteur européen des applications mobiles pourrait contribuer à hauteur de 63 milliards d’euros à l’économie de l’Union Européenne d’ici à 2018, contre 17,5 milliards aujourd’hui.
Cette étude démontre également que ce marché européen pourrait également être à l’origine de la création de 4,8 millions emplois contre 1,8 million actuellement.
Cependant, l’Europe manque de personnel qualifié et formé dans ce domaine notamment pour des postes de développeurs… mais les entreprises peinent aussi à suivre la concurrence américaine pour les salaires de ses employés.
Ces prévisions sont réjouissante pour l’Europe mais il reste encore beaucoup de travail pour permettre aux sociétés européenne de pouvoir concurrencer leurs homologues Américains ou Asiatiques.

Le marché des applications a encore de beaux jours devant lui surtout avec le développement de la publicité mobile qui ne cessent de grandir. Mais l’Europe sera t-elle capable de suivre le rythme de ses concurrents ?

Dimitri Marié – @dimitrimarie

Des boîtes mails pour les enfants de moins de 13 ans : Google y pense et n’est pas seul

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Curieuse nouvelle que celle qui est tombée la semaine dernière. Google a annoncé son désir de créer des boîtes mails pour les enfants âgés de moins de 13 ans, chose qui est jusqu’à présent impossible sur l’éditeur mail du géant américain, à moins de mentir sur l’année de naissance de son enfant. La grande question qui taraude notre société derrière cette annonce qui s’est faite plutôt discrète, est : pourquoi ? Quel est notre intérêt à créer une boîte mail pour nos enfants, ou qu’ils le fassent eux-mêmes ?

Un domaine public/privé ou l’e-identité et l’e-réputation comptent autant que dans la vraie vie

Créer son adresse mail n’est pas une chose anodine, c’est une démarche qui nous amène à « exister » sur la toile et à concevoir à plus ou moyen terme notre e-identité avec tous les éléments et traces que nous laissons. Ainsi nos profils sur les réseaux sociaux, et les articles écrits sur notre personne dans divers sites participent à cela. Lorsque l’on est considéré comme adulte, ou au moins responsable de ces actions qu’on exécutera en toute conscience, assumer son e-identité paraît faisable. Lorsque l’on est un enfant qui ne connaît pas grand-chose du monde qui nous entoure et des potentiels dangers qui existent cela est bien plus compliqué.

On pourrait penser que le géant américain Google n’est pas à cela près, mais la démarche se veut plus déontologique. L’idée est tout de même d’organiser une création et un contrôle d’adresse mail par les parents afin de guider petit à petit les enfants dans la démarche de découverte des outils du web. Une option qui pourrait être intéressante dans une optique éducative, si tant est qu’elle est suivie au quotidien par les premiers concernés : les parents.

Si on regarde les choses de plus près, Google y aurait un intérêt très fort. Car son idée de mettre en place des comptes pour les enfants de moins de 13 ans pourrait lui permettre de fidéliser la population dès son plus jeune âge, comme si Google était la seule et unique possibilité d’avoir une boîte mail et tous les services qui y seront associés par la suite (les enfants n’ont pas la notion d’offre, de marché et de la concurrence).

Google n’a toutefois rien inventé car le premier acteur à s’être positionné sur ce marché est une autre entreprise américaine : la start-up Tocomail ! Dessins grâce à l’écran tactile, des contacts contrôlés et proches (amis, famille) et un système hyper intuitif : les clés d’une réussite sur ce nouveau marché.

Vers une carte d’identité virtuelle ?

Créer une adresse mail pour un enfant de moins de 13 ans, signifie techniquement la possibilité de créer une présence sur le web et donc une identité numérique pour un enfant de 1 jour… Une possibilité qui peut jeter un froid aujourd’hui, et qui pourtant ne paraît pas être totalement hypothèse de science-fiction tant le « monde connecté » prend de la place dans notre vie quotidienne.

Il viendra un jour où notre personne sur le web devra être distinctement identifiée et protégée, sans quoi d’autres personnes pourraient nous voler notre e-identité et nuire très fortement à notre identité et notre réputation. Arriver à ce stade signifiera à l’avenir : protéger nos personnes dès le premier jour où nous ouvrons les yeux.

Peut-être pourrez-vous être plutôt interloqué par ces propos mais ce sont en tous cas les tendances du web et du monde virtuel qui se dégagent des dernières évolutions technologiques, sociétales et entrepreneuriales. D’autant plus que la génération des enfants qui grandit dans notre société actuelle vit pleinement ce monde du tout connecté et sera probablement amené à poursuivre dans cette mouvance.

Mais restons branchés sur le présent pour le moment. Google vient juste de passer un effet d’annonce. On ne parle actuellement que de « boîtes mails pour enfants ». Et si l’entreprise américaine au pouvoir financier gigantesque s’offre nombre d’opportunités de faire évoluer le monde, la révolution souhaitée dans le monde des enfants n’est pas encore arrivée. Pas encore…

Fabien Clouet   /   @FabienClouet