Canal+ peut-il survivre à ses duels face à Netflix et Be In Sport ?

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Le 4 novembre prochain, Canal+ marquera le 30ème anniversaire de la naissance de Canal+. Un bel événement que le groupe français s’apprête à célébrer fièrement et dignement. Mais, pas sûr que les festivités se préparent totalement sereinement. En effet, la filiale de Vivendi, spécialisée depuis toujours dans le sport et le cinéma, est peut-être en train de vivre ses derniers moments de gloire dans le monde télévisuel français à cause de deux nouveaux (et déjà puissants) groupes étrangers : Be In Sport et Netflix.

Round 1 : un duel sportif contre Be In sport

Canal+ et le sport, et plus particulièrement le football, c’est une grande histoire d’amour. Depuis 3 décennies, la chaine n’a cessé d’investir, parfois de manière très importante, dans des dispositifs toujours plus innovants pour moderniser la réalisation des retransmissions de matchs et permettre aux téléspectateurs de vivre de nouvelles expériences devant le petit écran. Longtemps intouchable (demandez à l’ancien groupe TPS ce qu’il en pense !), Canal+ était le numéro 1 incontesté de la diffusion sportive et on imaginait que l’histoire se déroulerait comme dans les plus beaux contes : « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants » (oui car le groupe a accouché par la suite de Sport+, Canal+ Sport, Golf+, …). Mais ça… c’était avant !

Oui parce que depuis le 1er juin 2012, l’histoire n’est plus aussi féérique que ça. En effet, un prince originaire du Moyen-Orient, pas tout à fait charmant pour le coup si l’on se place du côté de Canal+, a débarqué brutalement, faisant l’effet d’une véritable révolution dans le milieu. Les chaines Be In Sport, propriétés du groupe qatari Al-Jazeera, sont ainsi apparues en apportant une offre plus alléchante que son compère français en termes de tarifs, avec des abonnements à 11€99 par mois sans engagement (contre plus de 30€ pour Canal+), mais également de prestations riches grâce à une folle course aux droits TV. En un peu plus de 2 ans, Be In Sport a réussi à convaincre plus de 2 millions de sportifs en France qui peuvent désormais suivre une grande partie des matchs de Ligue 1 (ancienne exclusivité Canal+), les championnats espagnol, italien ou allemand et une majeure partie de la Ligue des Champions, mais également la NBA, la Ligue de Diamant d’athlétisme, les grands tournois de tennis (excepté Roland Garros), ou plus récemment la Coupe du Monde de football et le championnat français de handball. Autant de compétitions que Canal+ ne peut bien sûr plus diffuser, l’exclusivité étant de mise la plupart de temps. Et, pis encore, de nombreux journalistes et consultants sont passés de la chaine cryptée au nouvel empire qatari, laissant un goût quelque peu amer à Bertrand Meheut, président du groupe Canal+. Alors, même si Canal+ a gardé les plus belles affiches de Ligue 1 et de Ligue des Champions, ainsi que le Top 14 de rugby, et a su enrôler la saison de Formule 1 au groupe TF1, les moissons au moment des attributions des droits TV sont de plus en plus minces et il est fort à parier que la tendance sera dure à inverser. D’autant plus que la chaine qatari vient d’annoncer, via le Directeur de la rédaction Florent Houzot, le lancement d’une 3ème chaine (Be In Sport 3) pour élargir son offre et mieux répartir sa grille de programmes.

Round 2 : Des défaites en séries contre Netflix ?

Netflix VS CanalPlay de Canal+

Même si le duel sportif contre Be In Sport fait rage, Canal+ a l’avantage de posséder un deuxième levier qui fait également le succès de la chaine depuis sa création : le cinéma… et les séries depuis quelques années maintenant. Spécialiste dans le domaine, le groupe Canal est devenu au fil du temps une valeur sure du paysage cinématographique grâce à ses « Studio Canal » qui produisent de nombreux films et séries. Ces dernières sont d’ailleurs un des éléments phares de la chaine ces dernières années et les succès ne manquent pas. Braquo, Borgia, Engrenages, Maison Close, autant de séries devenues cultes aux yeux des cinéphiles. Pour exprimer ses envies de développement dans ce domaine, le groupe Canal a lancé la chaîne Canal+ Séries (son nom parle de lui-même) et, depuis 2012, s’est tourné vers le monde digital en proposant CanalPlay, un catalogue de films et séries disponible exclusivement sur internet. Aujourd’hui, CanalPlay revendique pas moins de 10 000 programmes consultables en illimité 24h/24 et possède l’offre la plus riche qui soit en France. Mais çà encore, c’était avant…

L’offre sportive déjà concurrencée, voici que Canal+ se voit menacé au niveau de son offre du 7ème art par l’arrivée Netflix, nouvel acteur américain dont nous avons déjà présenté les spécificités sur ce blog. Les deux plateformes possèdent des offres un peu similaires au niveau tarifaire (moins de 10€ par mois l’abonnement) mais se démarquent dans leur catalogue de programmes. En effet, quand CanalPlay met l’accent sur ses séries françaises et sur des séries américaines aux histoires assez cyniques (Homeland, Dexter, …), Netflix débarque avec des programmes qui cartonnent un peu partout dans le monde et des super-productions telles que The Walking Dead ou Breaking Bad, qui a reçu cette année son 2ème Emmy Award consécutif de meilleure série. Même si les politiques sont différentes, la balance semble être à l’équilibre. Mais un facteur pourrait venir contrarier les plans de Canal+ : Netflix, qui a déjà signé un contrat avec Bouygues, serait en passe de faire de même avec les box d’Orange, de Free et de SFR pour que sa plateforme fasse partie intégrante des offres de ces opérateurs. Chose que CanalPlay n’a pas encore exploitée.

Entre les « sportifs qataris », d’un côté, et les « cinéastes américains », de l’autre, la chaîne française se retrouve dans une situation quelque peu inconfortable puisqu’elle a face à elle deux concurrents ultra-spécialistes dans les deux domaines qui ont fait la richesse et le succès de Canal+. Alors, est-ce la fin des 30 (années) Glorieuses ? Pour l’instant rien n’est sûr car le groupe Canal a toujours prouvé par le passé que la concurrence ne lui faisait pas peur. Mais ça, …

Rafaël De Oliveira / @Raf_dragaozito

« Global partage » : Canal + s’intéresse à l’économie collaborative

La chaîne cryptée continue sa série de documentaires d’actions avec un nouvel épisode « Global partage » qui sera diffusé Mardi 13 Mai. Après le succès de “GLOBAL GÂCHIS” et de “MADE IN FRANCE”, Canal + parle d’économie collaborative avec “GLOBAL PARTAGE”. Pour produire ce reportage, la chaîne s’est associé avec les acteurs principaux de l’économie collaborative comme MakeSense, Ouishare, Tradeschool Paris pour proposer un évènement (3 Mai à Paris) sur le parvis de l’Hôtel de ville pour une expérience « live » de partage un documentaire.

Global partage

Le documentaire « Golbal partage »

L’économie collaborative est en train de révolutionner la manière de consommer et d’envisager le monde. Grâce au partage, voyager loin, bien manger, développer son entreprise ou acquérir de nouvelles connaissances ne sont désormais plus réservés aux gens aisés avec le développement de cette « sharing economy » qui résulte de la crise économique et du perfectionnement des réseaux sociaux. Antonin Leonard (fondateur de Ouishare), recense des exemples de ce mode de vie alternatif qui mettent le local au coeur de son écosystème et fait la promotion de ce nouveau moyen de consommer et de penser. Le reportage s’intéresse aux plateformes en ligne telles que Airbnb ou KissKissBankBank

Durant cette soirée, les auteurs de ce documentaire tenteront de vous faire comprendre que la transformation vers ce mode est fondamentale pour bouleverser la relation entre producteur et consommateur
Le documentaire passera en revue ces nouveaux modes de consommation que nous retrouvons dans le monde entier.

GP2

Ce documentaire suit la semaine de l’économie collaborative (1er au 7 Mai)

Selon le magazine Forbes, l’économie collaborative pèserait 3,5 milliards de dollars en 2013 et présente une alternative au capitalisme pour modifier nos façons de produire, de consommer et d’échanger.
La première semaine de l’économie collaborative a débuté le 1er mai à Paris, à l’initiative de Ouishare, un laboratoire d’idées autour de ce secteur de partage citoyen. Au cours de cette semaine a eu lieu le Ouishare Fest du 5 au 7 Mai à Paris qui a rassemblé des acteurs internationaux du milieu collaboratif.

Dimitri Marié