Apple Pay, le paiement mobile qui divise le marché

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Je vous en parlais il y a 3 semaines avec la révélation du travail de Facebook sur un système de transactions financières : la guerre du paiement mobile est déclarée. Mais ça, c’était avant ! Avant l’entrée fracassante de l’entreprise de feu Steeve Jobs sur le marché, avec son système de paiement Apple Pay, qui nous montre que le champ de bataille est très grand !

Apple Pay : un lancement en flèche

L’application compatible avec les cartes mastercard, american express et visa est très simple d’usage, ce qui en fait sa principale force. Il vous suffit de photographier votre carte de crédit ou d’entrer les chiffres qui la caractérisent, puis de la lier à votre propre personne par un système de reconnaissance digital. La carte est liée à votre empreinte et vous devenez le seul à pouvoir payer avec votre téléphone sur le compte bancaire de la carte utilisée.

Lancée officiellement aux Etat-Unis le 20 octobre dernier, le système de paiement compte déjà plus d’un million de cartes bancaires enregistrées. C’est Tim Cook, CEO d’Apple, qui le déclarait lors de la Wall Street Journal Digital Conference, il qualifiait même ce démarrage de « fantastique ».

Si Apple bénéficie de ce large succès, c’est surtout parce que l’entreprise a su s’entourer d’alliés de poids avec 220 000 magasins équipés de terminaux adaptés à travers les USA, des entreprises telles que Nike, Mc Donalds, Foot Locker, Subway ou encore Disney Store, et enfin des banques d’importance comme American Express et Bank of America.

Apple Pay Card 3collaboractifs

Apple Pay déchire les Etats-Unis, mais attire l’Asie

Outre-Atlantique, Apple Pay ne fait cependant pas que des heureux et a trouvé son lot de contestataires. Le spécialiste de la grande distribution Wal-Mart, et le vendeur de matériel électronique Best Buy ont déjà confirmé avoir désactivé les fonctionnalités de leurs lecteurs pour qu’ils ne marchent pas avec Apple Pay. Il en serait de même pour le vendeur de produits médicaux Rite Aid.

La raison de ceci, c’est simplement le développement depuis deux ans de CurrentC, un système de paiement développé par un groupement d’entreprises d’influence dont Wal-Mart sous le nom de société de Merchant Customer Exchange (MCX). L’objectif avec cette initiative est de proposer aux consommateurs une solution mobile de paiement dans un large regroupement de magasins via la technologie du QR Code. On comprend mieux qu’Apple Pay soit boycotté quand on sait que le lancement de CurrentC est prévu pour l’année 2015…

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Apple n’est pas fou et sait très bien que la concurrence sera rude en occident. En revanche le marché s’ouvre fortement au continent asiatique où le géant Alibaba est leader du marché avec son système de paiement Alipay. C’est là que l’avenir se dessine également pour Apple. La presse américaine a déjà relayé l’information, et Jack Ma, patron d’Alibaba, publiquement évoqué : « J’espère que nous pourrons faire quelque chose ensemble ».

Si la guerre de session des parts de marchés fait rage, pas sur qu’il nous faille choisir entre bleus et gris. Apple cherche bien sur à conquérir le marché, mais il faut rappeler que sur celui des smartphones, l’entreprise américaine ne possède que 20% des parts, contre 75% à Android de Google. Ceux qui se frottent les mains se situent plutôt du côté des banques : elles voient enfin le ciel du paiement mobile commencer à s’éclaircir sur un modèle de partenariat fort entre géants de la banque et géants de l’ « ordinateur mobile ».

Fabien Clouet   /   @FabienClouet

Alibaba devrait investir dans Snapchat : l’internationalisation des applis et du web en marche !

On a souvent parlé sur notre blog de messagerie instantanée à message crypté et durée déterminée, avec en tête de liste le célèbre Snapchat qui avait refusé une offre de rachat de 3 milliards de dollars de facebook et par la suite connu des évolutions sur son application. L’entreprise de Mark Zuckerberg avait alors réagit avec la sortie récente de l’application Slingshot, alors que dans l’ombre poussent quelques fervent défenseurs du message crypté sécurisé comme Wickr !

Mais malgré les perturbations ambiantes, Snapchat garde de l’avance et semble parti pour s’inscrire dans la durée. Car la dernière carte qui pourrait sortir de la main de l’entreprise de Bobby Murphy et Evan Spiegel a un nom bien connu : Alibaba !

Snapchat, le « sans revenus » attire les très gros investisseurs

Snapchat créé en 2011 avait déjà procédé à plusieurs levées de fonds, dont une dernière de 100 millions de dollars en juin dernier auprès de différents investisseurs, mais le pas qui s’apprête à être franchi pourrait être bien grand. Une nouvelle levée de fonds serait en vue auprès du géant chinois de l’internet et du e-commerce chinois Alibaba. Soucieux de s’impliquer sur le marché occidental, Alibaba avait multiplié les investissements dans les start-up américaines ces derniers temps (Lyft, Tango), en parallèle de l’ouverture de ses bureaux à San Francisco.

Si l’opération se conclue, elle permettrait à Snapchat d’intégrer le club restreint des start-up valorisées 10 milliards de dollars, aux côtés d’Uber ou encore Airbnb. Autant dire que le petit poucet d’il y a neuf mois qui avait osé rembarrer Facebook a bien grandi en peu de temps. Et si l’entreprise ne génère pas encore de revenus, cela pourrait ne pas durer très longtemps, l’intégration de publicité par l’intermédiaire des entreprises étant déjà en réflexion plus qu’avancée depuis quelques temps.

Les premières pierres de la passerelle Asie-Occident

Le pont Asie-Occident commence donc à prendre forme. Il y a de ça quelques semaines, nous parlions de Wechat, l’application chinoise à succès qui rencontre toujours des difficultés à investir le marché occidental. Il semblerait donc qu’Alibaba ait trouvé la clé de ce développement, un principe d’échange réciproque. Car si l’entreprise chinoise a la volonté d’investir le marché occidental par l’intermédiaire de ses investissements, il est clair que Snapchat va ouvrir les portes d’un marché asiatique au potentiel énorme.

Un donné pour un rendu, en quelque sorte, mais pour l’instant c’est plutôt Alibaba qui donne. On attend donc avec impatience le résultat de ce fameux retour si la conclusion se réalise pour de bon.

Snapchat

On assiste tout de même à une première : une alliance entre deux entreprises aux cultures différentes sur le marché du web et des applications dans un but de conquête d’une même cible. Une démarche qui outrepasse la barrière culturelle jusqu’ici présente, une nouvelle ouverture sur le monde, un futur qui pourrait s’annoncer changeant et surprenant. Premier verdict avec l’officialisation de l’entrée d’Alibaba au capital de Snapchat.

Fabien Clouet   /   @FabienClouet