Facebook In-app Search, le futur cauchemar de Google ?

Google vs Facebook

Depuis plusieurs semaines, on n’arrête pas d’entendre parler des nouveautés de Facebook. Si les TPE et PME vont pouvoir profiter du Local Awareness, d’autres utilisateurs (seulement américains pour l’instant) ont ​​pu remarquer un petit changement sur leur application iOS avec l’apparition d’une toute nouvelle icône. Celle-ci, conduit à une page nommée « Add a link ». Vous l’avez surement compris, il s’agit d’un bouton où il est possible d’ajouter un lien rapidement pour créer une publication, mais pas n’importe comment. En effet, Facebook souhaite modifier la façon dont les utilisateurs peuvent partager des liens sur sa plateforme et a ainsi prévu de lancer… son propre moteur de recherche Facebook In-app Search (nom encore non-officiel) !

Augmenter le temps passé sur l’application Facebook

Actuellement, le processus d’ajout d’un lien dans une publication pour le partager est assez intuitif puisqu’il suffit de faire un copier-coller de l’adresse url en question et Facebook se charge même de la mise en forme automatique du lien. Mais intuitivité ne veut pas forcément dire rapidité. En effet, l’ajout d’un lien implique beaucoup d’allers-retours entre Facebook et les autres applications où sont hébergés les différents liens. Il faut même régulièrement aller sur un moteur de recherche (Google forcément) pour effectuer la copie de ces liens. Il y a donc plusieurs manipulations à faire et cela implique du temps de connexion sur Facebook en moins. Le problème auquel veut répondre le réseau social de Mark Zuckerberg est donc tout trouvé : il faut trouver des moyens de garder l’utilisateur sur la plateforme le plus longtemps possible pour que Facebook soit encore plus « the place to be » et un réel centre des interactions sur le web. Alors certes aujourd’hui les messages instantanés sont « délocalisés » sur Messenger et on pourrait penser que c’est contradictoire avec ce nouvel objectif, mais cette dernière appli appartient à Facebook et il existe des liens rapides entre les deux applications.

Et puis, perdre des minutes d’engagement de ses utilisateurs au profit de sociétés comme Google revient à laisser à l’un de ses concurrents – ces deux géants veulent conquérir le web et se défient régulièrement, on les a vu se concurrencer pour les drones par exemple – une part du gâteau sur les retombées publicitaires. Ces pertes sont évidemment non négligeables lorsque les chiffres s’expriment en plusieurs millions d’euros, encore plus sur si l’on prend en compte uniquement le marché des applications mobiles.

La nécessité de garder ses utilisateurs mobiles engagés sur l’application peut aussi s’expliquer par les résultats du récent rapport sur les sources de rémunération de Facebook. Ainsi, sur le dernier trimestre, plus de 73% des 3,32 milliards de dollars de recettes publicitaires de la société (qui représentent près de la totalité des recettes Facebook) proviennent des publicités sur mobiles. Et le réseau social détient pas moins 46,8 % des recettes publicitaires sur mobile au niveau mondiale, devant Google (23,6%) et Twitter (un peu plus de 10%). Quand on sait que près de 9 utilisateurs sur 10 accèdent au service via leur smartphone, cela ne peut devenir qu’une priorité pour les années qui viennent.

Un outil de recherche rapide d’articles

Pour contrer Google, Facebook a donc décidé de lancer son propre moteur de recherche. En cliquant sur le bouton « Add a link », une boite de dialogue s’ouvre dans laquelle l’utilisateur peut taper directement sa requête, un peu comme cela est fait pour la recherche d’amis. Ensuite, des résultats sont proposés mettant en avant des articles populaires et/ou récemment partagés par les autres membres de Facebook (il se dit que plus d’un milliard de milliard de posts ont déjà été indexés par Facebook pour que les utilisateurs trouvent rapidement le contenu souhaité). Bien entendu, lorsqu’un article est choisi pour être partagé, il est possible d’y insérer un commentaire, une localisation ou même un emoji. Avec cette nouvelle fonctionnalité, Facebook donne à ses utilisateurs un moyen de gagner du temps sur le partage de leurs articles préférés (on parle de 8 secondes) et garantit en même temps la continuité de la connexion sur sa plateforme, donnant un aspect gagnant-gagnant à cette mise à jour.

Facebook's in-app search

Intégrer du contenu natif de grands éditeurs

Mais comme une (bonne) nouvelle n’arrive jamais seule, Facebook travaille parallèlement sur un projet d’intégration de contenu natif sur sa plateforme. Je m’explique. Plutôt que de créer seulement des liens redirigeant les utilisateurs vers les sites des médias en question, Facebook veut inciter ces médias à écrire leurs articles directement sur leurs pages pro du réseau social. Ainsi, une partie des liens circulant sur Facebook pourraient avoir comme source le réseau social lui-même. Ingénieux non ? Des partenariats avec des grands éditeurs, tels que BuzzFeed ou le New York Times seraient déjà en négociation, de quoi pouvoir alimenter le futur moteur de recherche pour qu’il soit opérationnel dès son arrivée au grand public, prévue très prochainement.

Une connaissance plus pointue des utilisateurs

L’instauration d’un moteur de recherche internalisé (Facebook’s in-app search comme disent les Anglophones) va plus loin que le seul temps de connexion augmenté sur l’application. Au-delà du nouveau service, c’est également un nouveau moyen pour Facebook d’en apprendre davantage sur les comportements de ses utilisateurs. Ainsi, tous les liens partagés via le moteur de recherche permettront à Facebook de savoir quelles publications et/ou quelles sources d’informations sont appréciées par tel ou tel utilisateur. Les données personnelles, déjà conséquentes, que possèdent le réseau social seront encore un peu plus affinées au point de façonner de véritables portraits robots de ses membres. Or, à l’heure actuelle, Google est très loin de posséder autant de données sur ses utilisateurs que ne peut l’avoir Facebook (le réseau Google + est bien trop petit en termes de membres actifs et d’engagement) et pourrait voir bon nombre d’annonceurs se tourner davantage vers Facebook pour trouver des audiences toujours plus qualifiées.

L’idée pour Facebook est ni plus ni moins de devenir la première option de ses utilisateurs au moment de faire une recherche, et c’est bien à cause de ça que les grands penseurs de Google pourraient avoir du mal à trouver le sommeil dans les semaines à venir…

Rafaël De Oliveira / @Raf_dragaozito

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