Plaidoyer pour l’économie collaborative

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Le 19 août 2014, c’est-à-dire il y a quinze jours environ, nous fêtions une date anniversaire qui a la particularité de changer chaque année. Cette date n’est pas passée inaperçue dans le paysage médiatique mondial, mais elle n’a pas été édifiée comme totalement alarmante, comme si l’événement n’était pas une priorité pour nous autres humains. Cette date, ce 19 août, c’est le jour de l’année 2014 qui correspond à la consommation totale des ressources qu’est capable de générer annuellement la Terre par notre société des Hommes, soit quatre mois plus tôt que ce qui devrait être.

La planète en danger ?

Techniquement, cela signifie que nous sommes entrés depuis le 20 août et pour les quatre derniers mois de l’année dans une période dite de « dette écologique » où nous sommes redevables de la planète puisque nous consommons des ressources qui ne se régénéreront pas.

Chargée d’évaluer la date anniversaire de ce triste jour, l’ONG canadienne Global Footprint Network, explique que d’un point de vue global notre société actuelle, avec les puissances économiques installées et nos 7 milliards d’habitants, consomme 1,5 Terre (en ressources) à l’année.

Consommation mondiale en ressources

Un phénomène qui s’accentue depuis les années 1980 où ce fameux Overshoot Day était tombé un 8 novembre (le 8 octobre en 2000, et le 7 septembre en 2009), et qu’il va falloir à tout prix ralentir sous peine de sérieuses dégradations de notre planète Terre.

La France, cinquième puissance mondiale, mais pour combien de temps ?

L’ONU a annoncé ses prévisions : 9,1 milliards d’habitants devraient peupler la planète en 2014. Du côté économique, cela devrait également grandement changer. Notre contexte économique de « crise française » ne pourrait faire que commencer. L’économie est devenue mondiale, preuve en est, la mobilité des jeunes est grandissante de par leurs envies d’ailleurs et de confrontation à d’autres cultures. Côté chaîne de production : les états d’Asie, d’Amérique du Sud ou autres pays d’Europe de l’est et d’Afrique ne seront pas pour l’éternité les serviteurs des puissances occidentales, et leurs désirs de changement se font déjà percevoir.

La révolution est en route, celle qui risque de nous faire perdre nos privilèges de « Nobles » de la planète. La consommation risque donc de s’accélérer grandement dans les années à venir sous l’impulsion de pays désireux de s’émanciper d’une organisation mondiale prédéfinie depuis près de deux siècles environ. L’épuisement des ressources suivra la courbe, et nous sommes déjà à 1,5 Terre par année… Notre économie et notre mode de vie doivent être réinventés, c’est notre planète qui le demande.

L’économie collaborative, du phénomène de société à la nécessité

Et l’économie collaborative ? me direz-vous. Derrière ce dithyrambique couplet écologique et moralisateur se cache plutôt l’envie qui m’a pris de répondre à cette réflexion faite par un membre de mon entourage. Ce dernier trouvait dommageable le fait que l’économie collaborative trouve en grande partie sa place dans le fait qu’elle atteigne les gens au porte-monnaie. Ce qui signifie donc : « Exit tous les bons sentiments de solidarité et d’entraide : si Airbnb ou Blablacar génèrent du chiffre, c’est avant tout grâce au fait que les utilisateurs fassent des économies ». Affirmation à laquelle j’ai envie de répondre : c’est vrai !

Nous ne vivons pas dans un monde où la doctrine est « aide ton voisin, et il te le rendra, aide ta planète et elle te le rendra », nous avons conçu un monde où la vérité reste majoritairement celle de l’argent, celle de la jouissance de biens matériels personnels. Car il est important de le rappeler : l’argent n’est pas un problème, surtout quand on en a !

Attention la solidarité existe tout de même bel et bien et notre monde n’est pas fait que d’êtres égocentrés, mais le confort nous a amené à nous équiper de nombreux apparats au quotidien. Nous occidentaux, vivons dans le luxe. Nous sommes des privilégiés, adeptes d’un confort que l’on ne troquerait pour rien au monde, encore moins contre des annonces de dégradation de la planète faite par des ONG dont on ne connait pas même les sources de leurs calculs.

C’est au milieu de ce contexte qu’arrive depuis une petite dizaine d’années l’économie collaborative, positionnée entre transition numérique et transition économique d’un monde toujours plus connecté. L’économie collaborative, ce monde des nombreuses plateformes qui se créent et meurent chaque semaine, cette économie qui est ignorée par les puissances étatiques jusqu’au jour où elles brassent de très larges sommes d’argent et défient les entreprises installées de longue date (Uber avec les taxis, Airbnb avec les hôtels), celle qui est parfois la risée des entreprises classiques qui les considèrent comme des « gentils » du marché au business model pas toujours abouti, cette économie dont l’heure a sonnée pour assurer un changement de nos comportements !

Et même si cela passe par des fondements qui paraissent bien éloignés des valeurs défendues en attirant plus d’utilisateurs pour l’aspect monétaire que solidaire, nous ne pouvons pas dénigrer ce modèle à coups de critiques envers son fonctionnement premier de « pansement » contre la crise. Il est une voie qu’il nous faut choisir ou écarter, mais dans l’horizon actuel qui se dégage d’accroissement de la consommation mondiale et de dégradation toujours plus importante des ressources planétaires, l’alternative ne semble pour le moment pas exister : nous devons nous réinventer.

Telle est donc la vocation de la « missionnaire » économie collaborative : transformer nos comportements de jouissance des biens en comportements d’usages des biens, transformer nos habitudes de consommation pour les limiter, transformer nos habitudes de vie : pour le bien de la planète, pour le bien de l’humanité !

Fabien Clouet   /   @FabienClouet

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5 réflexions sur “Plaidoyer pour l’économie collaborative

  1. Bonjour,
    J’avais oublié l’existence de cette date, merci pour le rappel ! Merci pour l’article aussi, j’adhère pleinement à ton point de vue. Certains disent que l’économie collaborative n’est qu’un terme joli marketing qui masque le fait que dans le process certains s’enrichissent aux dépens d’autres. J’avoue ne pas voir le problème. Ces gens ont eu l’idée du service, ils ont monté leur entreprise sur le modèle, ils y mettent beaucoup de temps et d’énergie, encore heureux qu’ils arrivent à gagner leur vie avec ! Au passage ils permettent à des individus qui n’auraient jamais pu mettre ces modèles en place d’en profiter. Tout le monde y gagne. Même la planète comme tu le soulignes.
    Alors certes, on peut critiquer le genre humain et regretter que la motivation des usagers soit pécuniaire avant d’être idéologique (quoique je suis convaincue qu’il y a des gens qui y ont recours par conviction). Mais, on le sait depuis longtemps, les gens (du moins « le plus grand nombre ») ne sont prêts à modifier leurs habitudes que dans la mesure où ils y trouvent un intérêt financier. Il se passera encore bien du temps avant qu’une société idéale n’agisse en fonction de l’intérêt du groupe et de la planète avant son intérêt personnel.

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