Airbnb à la conquête de l’appareil législatif mondial

Vous connaissez très probablement la plateforme de consommation collaborative Airbnb (bnb -> bed and breakfast) qui propose aux particuliers de louer leurs appartements entre eux à travers le monde. La start-up américaine basée à San Francisco a vu le jour en 2008 grâce à 2 étudiants Brian Chesky et Joe Gebbia qui se demandaient comment ils allaient payer leur loyer dans un moment de difficulté financière. La solution, ils l’ont trouvée en louant leur canapé !

Depuis, la société s’est développée de façon phénoménale à travers le monde. Si l’on regarde juste la France, on recense plus d’1 million d’utilisations depuis le lancement de la plateforme. Une façon de voyager et de se loger qui rompt avec les habitudes de ces dernières années et qui se positionne pleinement dans l’esprit de l’économie collaborative.

airbnb

La société : une arme contre les lois pour Airbnb ?

L’économie collaborative change beaucoup de choses dans la société, elle change surtout la donne en redistribuant les cartes. Car Airbnb ne se fait pas que des amis en se développant de cette façon. Les hôtels et autres groupements de professionnels du logement se sont plusieurs fois opposés à la start-up de la Silicon-Valley qui outrepasse les lois des différents Etats en ne payant ni impôts ni taxes sur les logements, lui permettant de proposer des prix défiant toute concurrence.

La donne paraît donc simple, en vue de protéger son économie, chaque Etat pourrait légifèrer et imposer ses conditions à Airbnb et aux autres entreprises de consommation collaborative. Ainsi les entreprises en place conserveraient leurs statuts et les Etats continueraient à percevoir leurs taxes. Simple… c’est donc le mot qui ne convient pas du tout à la situation, car si les instances publiques se doivent de protéger les entreprises, elles ont aussi un devoir vis-à-vis de la population : leurs électeurs ! Si les politiques des différents pays se positionnent en porte-à-faux du mouvement de l’économie collaborative porté par la société même, ils se condamnent eux-mêmes pour l’avenir.

Le pouvoir du compromis : une taxe à 14%

Cette délicatesse, Airbnb l’a bien comprise. Mais foncer en pensant que l’on peut passer au dessus des lois paraîtrait quelque peu optimiste. Airbnb a donc proposé à la ville de San Francisco de s’acquitter de taxes afin d’être en règle vis-à-vis de la loi. L’entreprise va mettre en place d’ici l’été une taxe de 14% sur chaque location, elle diminuera les rentrées d’argent pour les loueurs, mais devrait permettre aux pouvoirs publics américains de récolter près de 250 000 dollars en 2014.

L’objectif final de cette demande est de faire légiférer l’ensemble des Etats-Unis qui pourraient récolter au total jusqu’à 21 millions de dollars par an. Et Airbnb s’en donne les moyens, puisque l’entreprise vient tout récemment de réaliser une nouvelle levée de fonds de 450 millions de dollars, la faisant entrer dans le club fermé des start-up valorisées 10 milliards de dollars, derrière Facebook, Google, Twitter ou autre LinkedIn…

Plutôt jeune sur le marché de l’hébergement, Airbnb n’en est pas moins ambitieux et aspire à devenir plus puissant que les Hôtels outre-Atlantique, avec l’Europe clairement positionnée dans le viseur.

Fabien Clouet

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Une réflexion sur “Airbnb à la conquête de l’appareil législatif mondial

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